| Ce groupe français, éclectique, imperturbable, insaisissable et injustement trop méconnu revient en force, trois ans après "Rocky". Ce nouvel album, touffu mais pas brouillon, affiche une déconcertante diversité. On vacille, porté par une électro pop pétillante aux accents disco (le tube "Pretty Lads"), porté par des love songs pénétrantes ("Totally confused"), porté par des ballades lounge très visuelles. Même dans la douceur, il y a cette incandescence dans la musique de MARRIED MONK, cette puissance insondable. De l'electro, des violons, un saxo biscornu, des claviers donnent un relief étonnant à l'album. Jean Michel Pirès, Philippe Lebruman et Christian Quermalet sont le noyau dur de THE MARRIED MONK. Le chant de Quermalet, évoquant celui de Lou Reed, de Neil Hannon et de Bowie, n'avait jamais autant touché. On ne cherche même pas à y résister. Si le groupe reprenait sublimement, le 18 mars dernier au Café de la Danse, le "Teenage Kicks" des Undertones, ce sont cette fois Captain Beefheart et John Barry qui sont admirablement revisités. "You only live twice", rendu célèbre par Nancy Sinatra, est même un des meilleurs moments du disque. Ses rythmes chaloupés, ses contre-pieds, ses lignes mélodiques irrésistibles font de "The Belgian kick" un des albums incontournables du printemps.
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