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| Ils ont si peu réformé et ils ont tout perdu (Commerce et economie ) |
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| Quand j'ai observé hier soir les donneurs de leçons de gauche, je me suis pris à rêver que la droite allait enfin comprendre et voir le vrai visage de cette gauche arrogante et insolente quand elle gagne des élections, mais qui en appelle à un troisième tour social quand elle perd les élections.
Mais, voilà que les leaders de l'UMP entonnent les refrains piégés de la justice sociale, récitant sagement la partition écrite par les ténors de la gauche. Continuez de vous suicider, messieurs et mesdames de la droite et de jeter le pays dans les bras du collectivisme. Les français ne comprendront que lorsqu'ils seront définitivement ruinés...
Voilà ce que j'écrivais au lendemain de l'élection de JP Raffarin, pétri d'espoir (mais encore si naïf). Tout est à refaire...et ce sera encore plus difficile.
JL Caccomo
Perpignan, le 29 mars 2004
Au lendemain de l'élection de JP Raffarin...
La situation sociale, morale et intellectuelle de ce pays est désespérante bien qu'elle ne soit pas surprenante. Depuis que l'Etat a pris le contrôle du système de santé, avec le tristement célèbre Plan Juppé qui a tant coûté à la droite, les effets mécaniques de tout processus d'étatisation se sont enchaînés de manière inévitable : les contrôles administratifs des prix ne peuvent qu'entraîner d'un côté, la pénurie qui crée des angoisses et des mécontentements chez les consommateurs-clients ; de l'autre côté des revenus contrôlés qui ne peuvent que brimer les professionnels. Mais, ces mêmes professionnels, devenus fonctionnaires de fait depuis que le système de santé est complètement régulé (et donc déstabilisé) par une administration qui contrôle les tarifs des actes et la quantité des prescriptions (sous le prétexte d'équilibre les comptes sociaux), ne trouvent rien de mieux que de se retourner contre le gouvernement au cri pitoyable : "Guigou, des sous". Au delà du spectacle affligeant que nous offrent nos chères "élites", de telles revendications révèlent d'absurdes raisonnements. Les médecins ou infirmières croient-ils sérieusement que le ministre est le patron ? Que le ministre a le pouvoir de créer des richesses ou de distribuer des richesses qu'il ne détient pas ? Croient-ils que le Ministre-Patron détient une cagnotte mystérieusement (et miraculeusement) cachée ? Qu'il suffit d'exprimer sa colère pour avoir accès à cette providentielle cagnotte ? En France, c'est donc le ministre qui paie les médecins français comme c'est le ministre de l'agriculture qui garantit le revenu des agriculteurs ? Mais tous ces ministres se paient votre tête...
Désolé de décevoir la population mécontente, mais nos chers ministres n'ont pas ce pouvoir de créer des richesses ; seule une économie en état de marche est source de richesse. Nos ministres ont le pouvoir hélas de briser l'économie française. Et ils voudraient le faire qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. On ne peut faire croire sérieusement aux gens que nous allons garantir, dans ce pays, le "meilleur système de santé du monde", gratuit pour tous, sans aucune restriction (les français veulent choisir leur médecin et être libre de le consulter quand bon leur semble et à charge à la collectivité de rembourser !!) et soigner gratuitement toute la misère de ce vaste monde. On peut faire le même constat pour l'école ou l'université : elle serait un lieu d'excellence, ouverte à tous, d'où la sélection serait bannie ! En somme, le rêve pour des étudiants qui ne veulent pas trop faire d'efforts mais obtenir quand même un diplôme avec un salairé à la clé garantie par les textes de lois.
Si les français croient vraiment cela : alors ils sont endormis par les poisons de l'Etat-Assistance. Et si nos dirigeants continuent de tenir ce discours, ils sont incompétents, irresponsables et totalement démagogues. J'entends déjà nos moralisateurs pousser leurs cris habituels (car je connais, comme vous, le sempiternel refrain par coeur) : "l'éducation, la santé ne sont pas des marchandises"..."La santé est un droit..." etc. Dans le même temps, les professeurs ou les médecins demandent de la considération (traduisez: revalorisation de leur revenu). Le malade veut des soins gratuits ; le médecin veut un revenu décent. Comment fait-on ? Miracle, il y a l'Etat "cette fiction à travers laquelle tout le monde veut vivre au dépend de tout le monde "! Et la gauche est passée maître en science-fiction. Jamais l'analyse de Bastiat n'aura pris tant d'acuité. L'Etat ne créé pas de richesses : il ponctionne les uns (généralement ceux qui travaillent beaucoup et n'ont ni le temps ni la mentalité pour se donner en spectacle dans la rue) pour redistribuer aux autres (généralement, ceux qui s'expriment bruyamment, encadrés par les professionnels de la contestation). Et cette redistribution est coûteuse alors même qu'elle contribue à ralentir l'activité. Je m'autoriserait à paraphraser Bastiat en affirmant que le marché est cette réalité par laquelle tout le monde peut vivre en faisant vivre tout le monde.
L'excellence ou la compétence, dans l'éducation comme dans la santé, tout cela a un coût (et ne se décrêtent pas) ; tout cela suppose d'énormes investissements....que les français ne voudraient pas payer !? Il ne suffit pas de se proclamer les champions du monde et refuser, dans le même temps, les lois de la compétition. Etre compétent et responsable, cela n'est pas un statut.
La méprise est fondamentale car la santé ou l'éducation sont une forme d'épargne...et l'Etat n'est pas en mesure d'épargner - pour me constituer un capital santé ou un capital de compétence - à ma place. Les professionnels sont bien naïfs s'ils croient que nos ministres cachent un trésor ; et nos professionnels sont bien ridicules de croire qu'ils vont trouver de la considération ou de la reconnaissance en protestant dans les rues.
J'ai de la considération pour mon médecin s'il me soigne bien, (comme j'ai de la considération pour mon banquier s'il sait compter) ; j'ai de l'estime et de la reconnaissance pour le professeur de mes enfants s'il transmet des connaissances...et je suis prêt à payer pour cela que ce soit sous forme d'impôts (si le service public est efficace) ou sous forme de paiement direct (si l'Etat ne fait pas son travail). D'ailleurs, payer symbolise la reconnaissance comme "faire crédit" est un acte de confiance. Mais, la reconnaissance comme la conscience ne peuvent faire l'objet d'un vote ou d'une loi ; et aucun ministre ne va m'obliger - en votant une loi - à estimer telle ou telle profession, à considérer telle ou telle personne. (Alors que l'Etat m'oblige à payer des impôts pour financer des services publics qui sont toujours plus défaillants).
A force de manipuler l'enseignement de l'histoire et de l'économie (on peut donc entendre les pires niaiseries en la matière sur les ondes TV et radio, publiques ou privées), de ne plus mettre les individus face à leur responsabilité (le fait même d'avoir un ministre de la santé, de l'agriculture, de l'éducation, de l'économie, de la solidarité est un fait anormal dans un pays dit civilisé sauf à considérer que l'Etat doive contrôler l'agriculture, l'éducation, la santé ou l'économie mais nous savons que c'est impossible), nous avons une situation devenue inextricable : les français souffrent des déficiences générées par la gestion collective, centralisée et administrée que l'Etat impose à tous les secteurs qu'il touche ; et ces mêmes français se retournent vers l'Etat, celui-là même qui est à l'origine de tous les déréglements, pour demander remède.
Mais, l'Etat ne pourra que déplacer le problème, jamais le résoudre. Que l'Etat impose la gratuité dans n'importe quel domaine, et l'on récoltera la pénurie. Que l'Etat impose un contrôle des prix, des loyers, ou des salaires, il y aura pénurie des produits, des logements, ou de qualifications. Que l'Etat interdise les licenciements, et il rendra l'embauche impossible. Qu'il taxe les activités économiques, et il réduira le volume même de ces activités économiques. Qu'il promette l'accès au soin pour tous, et il ruinera le système de santé.
Deux siècles de recherche et de littératures économiques nous ont permis d'aboutir à ces précieux enseignements qui sont complètement occultés en France. Tous les pays qui ont tenté d'aller contre ces enseignements (qu'ils se soient appelés communistes, non-alignés, démocraties populaires peu importe...dans tous les cas, ils se sont fourvoyés dans une fuite en avant qui a consisté, pour leur malheur, à vouloir contourner l'incontournable réalité de lois économiques qui ne dépendent nullement des opinions que l'on peut avoir à propos d'elles), tous ces pays se sont enfoncés dans la misère. Depuis plus de 20 ans, la France a vu et continuera de voir sa situation économique se dégrader au moment même où elle prétend nourrir et soigner le monde entier, où elle prétend délivrer des droits sociaux à toute la misère dans ce monde.
Et que l'on se comprenne bien sur le sens des lois économiques ; elles ont une fatalité et une nécessité comme la loi de la gravitation universelle procède d'une nécessité et d'une fatalité. Je ne suis ni pour ni contre le marché ; ni pour ni contre la mondialisation ; ces débats n'ont aucun sens. Le marché existe et, en tant qu'économiste, je ne le défend pas...je l'étudie. Et les lois du marché n'ont rien à voir avec mes opinions. Et mes opinions n'y peuvent rien.
Pourtant, la connaissance humaine, consistant justement à décoder ces lois pour les utiliser (principe du levier d'Archimède) permet, lorsqu'elle s'avère juste, de faire décoller des engins pesant des milliers de tonnes. C'est donc la connaissance des lois de la physique qui permet de défier ces mêmes lois, non leur ignorance ! Et c'est l'ignorance stupide des lois économiques qui condamne le plus grand nombre à la misère et à la frustration, qui maintient tant de pays dans le sous-développement (ce qui arrange bien les élites locales qui exploitent dans le même temps leur propre peuple et la compassion bien aveugle des pays riches) ; c'est encore le mépris des enseignements de l'économie qui conduit nos gouvernants à proposer des réglementations qui ne feront qu'appauvrir la France à force de l'étouffer et de l'anesthésier.
Les médias ont beau jeu de stigmatiser l'absence de débats de fond caractérisant les dernières campagnes électorales - ce qui expliquerait le niveau record d'abstention -, alors que l'ensemble de la classe médiatique fait tout pour neutraliser la moindre tentative de débat en court-circuitant toute analyse réellement alternative. Ainsi, les sensibilités libérales sont quasiment étouffées de la place publique alors que les thèses interventionnistes sont portées par des candidats qui s'opposent pour la galerie mais partagent fondamentalement la même idéologie régulatrice.
Le "débat" concernant le SMIC est pour le moins révélateur : les uns nous disent qu'il faut l'augmenter plus vite que ce qui est prévu par les mécanismes automatiques, et les autres en face nous disent que l'augmentation automatique est suffisante. Pas un n'ose remettre en cause ces fameux mécanismes automatiques. Un vrai débat opposerait les tenants de la régulation administrative du marché du travail (qui a partout fait faillite) à ceux qui plaideraient pour une liberté retrouvée du marché du travail. On pourrait rapidement généraliser ce constat pour la question des retraites ou du système de santé : les mêmes idées et les mêmes solutions sont tour à tour incarnées par la gauche puis par la droite (et Chirac et Raffarin de marquer leur attachement pour le système de répartition). Ces propositions connaîtront donc les mêmes échecs et nous irons d'alternance en alternance, de frustrations en frustrations, de décompostions en fractures plurielles.
Dans ce contexte d'apparente alternance, il est cocasse de voir la gauche hurler au loup en appelant à un troisième tour social alors que le nouveau gouvernement élu n'a pas encore pris la mesure de l'état du pays après plus de 30 ans de socialisme larvé et qu'il ne s'est pas risqué à proposer les véritables réformes structurelles dont le pays a réellement besoin. |
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| Jean-Louis Caccomo |
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